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8 Mai 1945

C’est avec un grand retard que la Poste algérienne a décidé de célébrer les événements du 8 Mai 1945. Treize après l’indépendance, la commémoration a été réduite à sa plus simple expression à l’occasion du 30e anniversaire de ces massacres, avec l’émission, le 1/11/1975 (et non le 8 mai) de deux timbres, dont le fameux 0,5 DA de couleur verte utilisé pour l’usage courant, tiré à 78 500 000 exemplaires (l’un des plus forts tirages dans l’histoire de la philatélie algérienne), et le 1,00 DA rouge.

Cette émission sera suivie d’une autre de cinq timbres (valeurs 0,05 - 0,10 - 0,25 - 0,3 et 0,7 DA), émise le 17 décembre de la même année. Ces timbres de différentes couleurs, réalisés par Mohamed Cherifi, ont tous un point commun : ils ne portent aucun dessin, aucune illustration et aucune allégorie, juste une mention en arabe et en français des villes de Sétif, Guelma et Kherrata, et la date des massacres.

Trente ans après les événements et treize ans après l’indépendance, le 8 Mai 1945, avec tous les symboles qu’il porte dans l’histoire du mouvement national, n’a finalement eu droit qu’à une œuvre aussi simpliste. La Poste récidive encore, en reprenant le même thème le 22/5/1976, mais avec un timbre bleu aux dimensions plus réduites, qui paraîtra également sous forme de deux carnets de six et dix timbres. Il faudra attendre la célébration du 50e anniversaire de ces événements pour que la Poste algérienne décide enfin de réparer une injustice, en émettant en 1995 un timbre allégorique et pour la première fois un bloc feuillet, œuvres de Sid Ahmed Bentounes.

Ce dernier sera le dessinateur de deux autres timbres consacrés à l’événement. Le premier a été émis en 2005 représentant une colombe, alors que c’est le second, sorti en 2010, qui fera date dans l’histoire des commémorations de cet événement, puisqu’il illustre pour la première fois le portrait de Saâl Bouzid, premier martyr des massacres du 8 Mai 1945.

Un fait qui pourra ouvrir la voie à nos artistes et dessinateurs de timbres poste pour une meilleure représentation artistique de l’histoire de ces événements, parcimonieusement présentée aux jeunes générations, surtout qu’en 53 ans de célébrations, et l’émission de seulement 12 timbres et un bloc feuillet, on n’a jamais osé montrer les véritables crimes coloniaux de l’époque, dont les images ont été rapportées par tous les médias du monde, y compris ceux de l’Hexagone.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 14/05/2015 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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