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MOUFDI ZAKARIA

Pour célébrer le 20e anniversaire de la mort de Moufdi Zakaria, la Poste algérienne a émis à son effigie un timbre le 17/8/1997.

Un portrait dessiné par Kamereddine Krim, en signe de reconnaissance pour cet homme qui a subi tant d’injustices. Le poète de la Révolution algérienne et l’auteur du célèbre hymne national Kassaman a été ainsi la première personnalité timbrifiée depuis l’indépendance.

En 35 ans, aucun hommage n’a été rendu sur des timbres-poste à des hommes et des femmes de culture. Malheureusement, ceux qui se sacrifient et produisent sont les éternels oubliés. Il faudra attendre le 8 juin 2000, date du lancement officiel de la Journée nationale de l’artiste, pour assister à la naissance d’une nouvelle tradition de commémorations circonstancielles et événementielles.

L’entame sera par une série de quatre timbres signés par K. Krim, rendant hommage à quatre personnalités : l’écrivain Mohamed Dib, le regretté chanteur et martyr Ali Maâchi, l’homme de théâtre Mustapha Kateb, et le maître de la miniature Mohamed Racim. Un bon début, même s’il ne sera pas régulier, et qui sera suivi deux ans plus tard par un hommage appuyé à l’artiste peintre Mohamed Temmam, à travers deux timbres illustrant un autoportrait et une de ses œuvres. En 2005, la Poste rend hommage à la poésie populaire à travers une émission consacrée à quatre noms célèbres : Lakhdar Benkhlouf, Benmessaïb, Si M’hand U M’hand et Aïssa Djermouni. L’année 2008 sera marquée par la fameuse bourde commise sur le timbre qui devait être consacré à Abdelhamid Benhadouga, mais qui portera finalement la figurine de Mohamed Dib, déjà timbrifié. Le timbre faisant partie d’une émission parue en hommage à Ahmed-Redha Houhou, Malek Bennabi et Kateb Yacine, sera finalement retiré, après avoir défrayé la chronique. La même année, l’artiste Baya Mahieddine a été la première femme de culture à avoir fait l’objet d’un timbre-poste.

Elle demeure l’unique à ce jour. Le regretté maître de la musique andalouse, Abdelkrim Dali, a été le dernier artiste à figurer sur un timbre-poste en 2014 à l’occasion du centenaire de sa naissance.

Aux dernières nouvelles, l’on saura que l’injustice commise à l’encontre de Benhaddouga sera finalement réparée en octobre prochain, lors d’une émission qui rendra également hommage à Mouloud Feraoun, M’hamed Issiakhem et Ismaïl Samsom.

Un petit bilan des émissions philatéliques en Algérie depuis l’indépendance fait ressortir que la culture a été la grande oubliée. En 53 ans, l’Algérie n’a rendu hommage qu’à 16 personnalités culturelles, dont une femme.

Ce qui est très peu au regard de ces innombrables hommes et femmes qui ont porté dans leur cœur la culture de leur pays, sans aucune contrepartie.

On a relégué aux oubliettes des maîtres comme El Anka, Mrizek, Menouar, Bachtarzi, Touri, Rachid Ksentini, Iguerbouchene, Larbi Bensari, Cheikh Hamada, Cheikh El Khaldi, Ali El Khencheli, Cherif Kheddam, mais aussi des femmes telles Cheikha Tetma, Maâlma Yamna, Fadila Dziria, Meriem Fekkaï, Beggar Hadda, et d’autres noms illustres dont Mouloud Maâmeri, Malek Haddad, Mohamed Boudia, Assia Djebar, pour ne citer que ceux-là dans une liste très longue.

Pour l’histoire, aucun hommage n’a été rendu à la troupe artistique du FLN, alors que le cinéma algérien demeure le grand absent dans toutes les émissions philatéliques. Pour l’anecdote, il y a 40 ans, l’Algérie avait décroché la première Palme d’or au Festival de Cannes, l’unique dans le monde arabe à ce jour, grâce au film Chroniques des années de braise de Mohamed-Lakhdar Hamina. Une consécration qui n’a jamais fait l’objet de la moindre commémoration. Do-mmage.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 11/06/2015 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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