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Dans une histoire philatélique marquée par une overdose de commémorations, le premier événement marquant de la Révolution algérienne ayant fait l’objet d’un timbre-poste a été l’incendie de la bibliothèque de l’université d’Alger, perpétré par l’OAS. Un timbre qui ne sera émis que le 7 juin 1965, soit trois ans après l’incident.

L’histoire retiendra aussi que la célébration de la Journée du moudjahid, depuis la fameuse série de timbres de Racim parue le 20 août 1966, n’a jamais fait référence aux acteurs des attaques du Nord constantinois, ni à ceux du Congrès de la Soummam. On n’évoquera jamais, même sur un timbre-poste, ni Zighoud Youcef, ni Benmhidi, ni Abane, ni Krim, ni les autres oubliés de ces commémorations, dont la «timbrification» demeure à ce jour un tabou.

En 1982, un timbre dessiné par Ali Kerbouche vient illustrer la fameuse maison qui avait abrité l’événement majeur de l’histoire de la Révolution, sans plus. Même les manifestations historiques du 11 décembre 1960 ne seront célébrées que 30 ans plus tard, à travers un timbre dessiné par Kamareddine Krim. Au même titre d’ailleurs que la manifestation populaire du 12 Février 1962 à Ouargla, qui ne sera tirée de l’oubli qu’à travers un timbre de Sid-Ahmed Bentounes, émis en 1997.

Que dire alors des événements du 17 octobre 1961 à Paris, célébrés sur timbre-poste 50 ans après ? Dans le registre des faits relégués aux oubliettes, l’on trouve les négociations d’Evian, dont les membres de la délégation du FLN n’ont jamais fait l’objet d’aucune citation, même si on a fini par se rappeler de la journée de la victoire du 19 mars 1962, mais 35 ans après. Il a fallu attendre la date symbole du 19 septembre 1998, coïncidant avec le 40e anniversaire du GPRA, pour que le voile soit levé pour la première fois sur des personnalités politiques ayant marqué cette époque de l’histoire de l’Algérie.

Mais le plus grand événement philatélique a été, sans doute, la parution, en 2004, du fameux timbre à l’effigie des six personnalités historiques, illustrant la fameuse photo prise juste avant le déclenchement de la Révolution.

Une première dans l’histoire de la philatélie algérienne, car il était inconcevable avant de voir sur des timbres poste des illustrations de Boudiaf, Benboulaïd, Didouche, Benmhidi, Krim et Bitat.

Dix ans plus tard (19 septembre 2008) est parue une émission à l’effigie de Ferhat Abbes, premier président du GPRA, suivie d’une autre, le 19 septembre 2010, consacrée à Benyoucef Benkhedda, le deuxième président du GPRA. Après 53 ans d’émissions philatéliques, des tabous perdurent encore. Des hommes et des femmes ayant marqué l’histoire de cette Révolution demeurent toujours les malheureuses victimes de l’amnésie.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 05/11/2015 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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