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Paru en 2015 aux éditions Casbah, œuvre du photographe Zinedine Zebar avec des textes signés par Mohamed Balhi, le beau livre Phares d’Algérie- Vigies de la côte a révélé aux lecteurs algériens des secrets tant méconnus de ces véritables merveilles architecturales et monuments historiques.

Construits pour les besoins de la conquête française, dans le but de sécuriser la côte, mais surtout pour permettre aux bateaux d’acheminer les troupes vers la région ouest de l’Algérie pour mener la guerre contre les résistants à l’occupation, ces phares sont malheureusement inconnus du grand public. Ils sont même interdits d’accès et ne sont jamais visités en tant que sites touristiques. Dans l’histoire de la philatélie algérienne, l’intérêt pour ces ouvrages apparait grâce au dessinateur Kamreddine Krim, qui a eu l’ingénieuse idée de les illustrer sur des timbres poste.

Une première série de deux timbres a vu ainsi le jour le 5 novembre 1997, où l’on découvre sur une figurine en fond bleu, entouré de verdure, le phare de Cap Tenès, avec sa structure carrée et ses deux cours. Situé actuellement dans la wilaya de Chlef, il est le plus ancien phare d’Algérie, construit à partir de 1861 au pied du mont Sidi Bou Merouane et mis en service en 1865. La deuxième figurine a été consacrée au phare du Cap Caxine à l’ouest d’Alger, visible de loin grâce à sa couleur blanche immaculée, entouré d’une longue clôture en pierre, construit en 1868 sur un site exceptionnel, dominant la falaise comme une forteresse. La thématique des phares d’Algérie est ainsi née. Elle sera enrichie en 2002 par une seconde émission du même dessinateur.

On y retrouve le phare de Cherchell, construit en 1881, sous une forme cylindrique, le phare du Cap de fer, dans la commune d’El Marsa, à Skikda, qui date de 1907, et celui de l’île de Rachgoun, à Beni Saf, dans la wilaya de Aïn Témouchent, et qui remonte à 1870. Dans une troisième série parue en 2007, signée Kamreddine Krim, on découvre le phare de l’îlot d’Arzew à Oran, construit en 1865 sur un merveilleux site naturel défiant les vagues. C’est dans une nature paradisiaque que fut implanté en 1905 le phare du Cap Sigli, dans la wilaya de Béjaïa. On retrouve également dans la même série, le fameux phare de Ras El Afia à Jijel, construit en 1907 et dominant une belle plage de sables rouges. L’émission la plus récente sur les phares d’Algérie, du même dessinateur, remonte à 2013.

On y trouve illustré le phare de l’île de Srigina à Skikda, construit en 1906. Selon certaines sources, le nom de Srigina serait d’origine punique, composé des deux termes, rus et gunia, qui signifient le cap de la crique. D’autres sources lui attribuent une origine latine, en se référant à insula reginae, qui veut dire l’île de la reine. Dans la même série figure un timbre sur le phare du Cap Bougaroun, dans la même wilaya, qui date de 1911, et le phare du Cap Ivi, réalisé en 1898, situé actuellement dans la commune de Benabdelmalek Ramdane, wilaya de Mostaganem. Depuis 1997, grâce à ces belles émissions, les philatélistes algériens ont fait le tour de 11 phares, alors que l’Algérie en compte 32, dont 22 sont gérés par l’Office nationale de signalisation maritime (ONSM) dépendant du ministère des Travaux publics. Les autres dépendent de la Marine militaire.

Des richesses qui nécessiteraient d’être explorées, surtout que chaque monument a son histoire. Par exemple, le phare du Cap Carbon à Béjaïa, construit en 1906, demeure avec ses 224 m de hauteur par rapport au niveau de la mer le plus haut au monde ; il est également d’une très belle architecture. On citera également le phare du Cap Bengut, plus connu sous le nom de Bordj El Fnar, construit en 1881 à Dellys (wilaya de Boumerdès), qui a été endommagé par un attentat terroriste en 1994, avant de subir des dégâts suite au séisme de 2003. Un nouveau phare a été réalisé juste à coté par une entreprise bosniaque.

D’autres phares méritent aussi d’être cités, comme celui du Cap Falcon dans la baie d’Aïn Turk, à Oran, construit en 1868 grâce à deux ingénieurs des ponts et chaussées, le fameux phare du cap de Garde, plus connu à Annaba par Ras El Hamra, qui remonte à 1908, mais aussi le célèbre phare de l’île Habibas, construit en 1878 sur un site situé face à la plage de Madegh, à Oran, classé depuis 2003 réserve naturelle marine et qui sert d’abri aux oiseaux. Alors, vivement les prochaines émissions.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 31/03/2016 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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