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Il y a 68 ans, presque jour pour jour, le peuple palestinien a vécu le premier massacre de son histoire. Dans la matinée du 9 avril 1948, en pleine guerre arabo-isralienne, le petit village de Deir Yassin, situé à 5 km à l’ouest de Jérusalem, connu pour être un lieu calme et paisible peuplé par des gens pacifistes, est attaqué par un groupe de 120 membres des milices juives de l’Irgoun et du Lehi. Ces derniers rencontrent une farouche résistance de la part des habitants du village. Mais l’arrivée des renforts et l’utilisation du mortier permettront aux milices juives de prendre Deir Yassin, après avoir lancé un ratissage, faisant sauter plusieurs maisons à la grenade et aux explosifs.

Malgré les chiffres contradictoires sur le nombre de morts, 120 selon certaines sources, 254 victimes civiles selon d’autres, le massacre de Deir Yassin, suivi de rumeurs sur les pillages et les cas de viols, sera le premier fait déterminant dans ce conflit, ayant favorisé l’exode des Palestiniens. En Algérie, ce massacre sera immortalisé sur un timbre dessiné par Choukri Mesli, émis par la Poste le 24/9/1966. Une œuvre remarquable par son intensité et sa portée humaine, avec cette carte de la Palestine sur un fond rouge sang, et ces hommes et femmes, rattrapés par la mort, condamnés à vivre dans la peur et l’errance.

Le timbre marquera son entrée dans l’histoire de la philatélie algérienne, puisqu’il est la première figurine imprimée par la Banque centrale d’Algérie, après des années de monopole de l’imprimerie des PTT de Paris. Après Deir Yassin, un autre massacre avait été commis, il y a 60 ans, à Kafr Qassem. Un autre petit village où, en fin de journée du 29 octobre 1956, 47 civils arabes, dont 15 femmes et 11 enfants, âgés de 8 à 15 ans, revenant des champs, ont été abattus froidement par des policiers israéliens de la frontière. Leur tort était d’avoir violé un couvre-feu, dont ils n’étaient jamais au courant.

Ce massacre a été étrangement mis aux oubliettes. La solidarité avec la Palestine s’exprimera encore une fois dans la philatélie algérienne, à travers un timbre dessiné par Ali Mechta, émis le 10/7/1976. Une année marquée par les événements du 30 mars, suite à la répression sanglante de la manifestation organisée contre la confiscation des terres des Palestiniens par les autorités israéliennes. Un événement qui sera célébré chaque année sous le slogan de «La journée de la terre». Le timbre est simple, mais il porte une grande symbolique : une carte de la Palestine sur laquelle est implanté le drapeau palestinien.

Le 25/11/1982, soit deux mois à peine après les horribles massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, à Beyrouth-ouest, après un long siège durant l’été de la même année, un hommage appuyé a été rendu à l’enfant palestinien, sur un timbre dessiné par M’hamed Issiakhem, où le portrait d’un enfant au regard pensif est frappé sur l’emblème palestinien. L’avènement de la première Intifadha en 1987 a inspiré la Poste algérienne, qui a émis, le 9/12/1990, le premier timbre de solidarité avec le peuple palestinien d’une valeur faciale de 1 DA avec une surtaxe de 0,3 DA, dessiné par Ali Kerbouche.

Pour la première fois aussi, le monument de Kobbet Essakhra avec son dôme doré, situé dans l’enceinte de la mosquée d’Al Aqsa, fait son apparition sur un timbre algérien. Les vrais héros de ce timbre étaient ces hommes, jeunes et enfants baptisés «Atfal el hidjara» (Les enfants des pierres), brandissant l’emblème palestinien et défiant les chars de l’armée israélienne avec des frondes, arme symbolique et historique de David contre Goliath. Une symbolique qui reviendra en 2001, pour célébrer la deuxième Intifadha, déclenchée en septembre 2000, dans une œuvre signée par Ali Kerbouche.

Jusqu’en 2014, décrétée par les Nations unies «Année internationale de solidarité avec le peuple palestinien», célébrée sur un timbre de la Poste algérienne, signé par Kamreddine Krim, le long combat des Palestiniens a été également marqué aussi par des moments historiques, dont l’annonce en novembre 1988 à Alger de la création de l’Etat palestinien. Un événement passé dans l’anonymat. Mais les Palestiniens ont vécu aussi des épreuves très dures, à l’instar des attaques criminelles contre Ghaza en 2006 et 2008, jamais portées sur des timbres-poste, mais surtout la mort, le 11/11/2004, du leader charismatique Yasser Arafat. Jusqu’à ce jour, le défunt Abou Ammar n’a eu droit à aucun hommage.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 07/04/2016 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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