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Né dans la douleur, en pleine guerre de libération, l’hymne national algérien, dont le parcours, depuis sa création jusqu’à sa composition musicale, demeure unique et inédit, fait désormais partie des plus belles pages de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Hymne de combat, Qassamen, qui veut dire en arabe le serment, a vu le jour le 25 avril 1955 à la prison de Barberousse (Serkadji) où Moufdi Zakaria était incarcéré, selon la version officielle. Il n’était, au début, qu’un poème.

Mais l’histoire et le destin en décideront autrement. Durant la même année, Lakhdar Rebah, ancien militant du PPA, fut chargé par Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda d’approcher des personnalités intellectuelles et littéraires pour leur transmettre la volonté de la direction du FLN de composer un chant patriotique pour mobiliser les combattants algériens dans les maquis et galvaniser leur moral. Un chant qui servira aussi pour faire connaître la Révolution algérienne à l’étranger.

Connaissant déjà Moufdi Zakaria et son passé de militant au PPA, Lakhdar Rebah n’hésitera pas à lui proposer l’idée lorsqu’il le rencontra dans son commerce à La Casbah, après sa sortie de prison. De son vrai nom Cheikh Zakaria Ben Slimane Ben Yahia Ben Cheikh Slimane Ben Hadj Aïssa, né en 1908 à Beni Izguene, dans la région du M’zab, Moufdi était déjà connu pour sa ferveur en tant que militant et poète qui a composé l’hymne du PPA. Lakhdar Rebah lui expliquera les recommandations des responsables du FLN au sujet de ce poème, qui ne doit citer aucun nom propre de lieu ou de personne, et de dénoncer les exactions de la France coloniale.

Moufdi acceptera sans hésiter et lui remettra le poème Fashadou, devenu Qassaman, qu’il avait composé à la prison de Barberousse et qu’il a retravaillé pour l’occasion en cinq couplets d’une incomparable intensité poétique. Présenté à Abane Ramdane et Benkhedda, il sera adopté dans son intégralité. Après la composition de sa musique par l’Egyptien Mohamed Fawzi en 1956, il sera joué pour la première fois en 1957. En 1963, la version officielle sera adoptée avec le roulement des tambours ajouté par Haroun Rachid.

Cinquante-deux ans après sa naissance officielle, et pour la première fois depuis l’indépendance, le texte intégral de l’hymne national de la République algérienne sera porté sur un beau timbre émis le 3 juillet 2008, réalisé par Ali Kerbouche. Cette émission coïncide également avec le centième anniversaire de la naissance de son auteur Moufdi Zakaria. La Poste algérienne avait déjà rendu hommage au «Poète de la Révolution algérienne» dans un timbre émis le 17/8/1997, célébrant le 20e anniversaire de sa mort, à travers le fameux portrait dessiné par Kamreddine Krim.

L’histoire retiendra aussi que bien qu’il soit reconduit comme hymne officiel en 1962, Qassaman résistera aux tentatives de le remplacer par un autre depuis l’indépendance. A l’époque du président Chadli, le fameux troisième couplet qui s’adresse nommément à la France a été supprimé durant tout son mandat. Une suppression réclamée par l’Etat français au motif que ce couplet maintient les rancœurs des Algériens à son encontre. Ce couplet ne sera rétabli que durant les années 1990, sous la présidence de Liamine Zeroual.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 28/04/2016 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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