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La tenue en ce mois d’octobre à Alger d’un colloque international sur le grand écrivain espagnol Miguel de Cervantès (1547-1616), à l’occasion du quatrième centenaire de son décès, rappelle, encore une fois, que cette personnalité demeure très présente dans les milieux officiels algériens au point de bénéficier d’égards que de nombreuses personnalités algériennes n’ont pas connus même à titre posthume. L’on peut dire aussi que le plus célèbre des écrivains ibériques se trouve parmi les personnalités étrangères les plus médiatisées, avec les innombrables écrits sur sa captivité à Alger (1575-1580), et ses quatre tentatives d’évasion échouées.

Une période qui aura une grande influence sur ses futures œuvres littéraires. Bien avant le quatrième centenaire de son décès, la Poste algérienne avait déjà émis un timbre-poste en hommage à Cervantès, paru en 2005, d’après un portrait réalisé par Sid-Ahmed Bentounès, sur fond de «couleurs espagnoles», avec en arrière-plan le drapeau algérien. Dans cette symbolique mal justifiée, des philatélistes algériens s’expliquaient mal à l’époque l’opportunité d’une pareille émission sur un auteur étranger, alors que des écrivains algériens demeurent, à ce jour, absents sur les timbres de leur propre pays. Cette tendance à vouloir célébrer les centenaires des personnalités étrangères a marqué durant des années les émissions philatéliques algériennes.

Cela a commencé le 29/8/1970, quand la Poste algérienne décida de commémorer le centenaire de la naissance de Lénine.Cette émission, qui a étonné de nombreux spécialistes du timbre à l’époque, est survenue neuf ans avant la parution de la première et dernière émission à ce jour, consacrée à l’illustre imam Abdelhamid Benbadis, leader du mouvement réformiste algérien à l’occasion de Youm El Ilm. Comble de l’ironie ou du mauvais sort, le valeureux imam n’aura jamais droit à la célébration du centenaire de sa naissance, qui devait avoir lieu en 1989.

Une date qui passera complètement inaperçue, au même titre que le cinquantenaire de son décès en 1990. La série des hommages se poursuivra par une illustration du leader Ho Chi Minh, dans un timbre consacré à la résistance du peuple vietnamien émis le 17/2/1973. Il n’y aura pas que les personnalités historiques dans cette saga, puisque les hommes de sciences aussi auront leur place. Ainsi, le millénaire de la naissance (encore une fois) du père de la médecine, Ibn Sina, ou Avicenne, pour les Occidentaux, sera porté sur un timbre émis le 23/10/1980, d’après une illustration de Bachir Yelles.

Il sera suivi le 23/2/1974 par un autre timbre sur le millénaire de la naissance d’El Biruni, dessiné par M. Ranem, mais cette fois-ci sans portrait. Le dessinateur s’est contenté d’une calligraphie. Il y a dans tout cela une personnalité qu’on ne devra nullement oublier, puisqu’elle continue de marquer profondément l’époque contemporaine. Il s’agit du père de la sociologie, Abderrahmane Ibn Khaldoun (1332-1406), qui a longtemps séjourné et enseigné à Béjaïa, mais aussi rédigé sa fameuse Muqadima à la forteresse de Beni Salama, dans l’actuelle ville de Frenda (wilaya de Tiaret). Un mérite qui lui donne le droit à une figurine, dessinée par Mohamed Temmam, émise le 1/9/1983.

Une autre personnalité, religieuse cette fois, a eu l’honneur d’être célébrée sur un timbre, mais pas de la manière la plus attendue. En 2001 et à l’occasion d’un colloque consacré à la pensée de Saint Augustin, la Poste a émis un timbre à sa mémoire, mais sans portrait, alors que ce dernier existe dans certaines sources historiques. La boucle sera bouclée par un hommage rendu en 2009 pour le Français Louis Braille (1809-1852), inventeur du système d’écriture tactile à points saillants, à l’usage des personnes non-voyantes, et qui porte toujours son nom.

Les hommages rendus jusque-là dans l’histoire de la philatélie algérienne à différentes personnalités ont laissé dans les oubliettes des hommes qui ont légué un important héritage, comme Al Maqqari (1591-1632), grand historien originaire de Tlemcen, Si Amar Boulifa (1863-1931), grand homme de lettres, sociologue et historien, ou encore Ibn Rachik (1000-1064), écrivain et poète, qui est né et a grandi dans la région de Msila, pour ne citer que ceux-là. Espérons qu’ils seront avec d’autres, tirés un jour de l’oubli et rétablis dans leurs droits.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 27/10/2016 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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