Get Adobe Flash player

Du même auteur


Haut de page

Article :


Une aiguière avec récipient (brik et tassa) en cuivre rouge, servant pour les ablutions, une cafetière, un sucrier (soukria) finement décoré et un pot de bain (mehbess el hammam) sont des ustensiles de style ottoman datant du XVIIe siècle, qu’on utilisait à une époque très récente dans certaines villes d’Algérie. Ils sont classés parmi les chefs-d’œuvre des maîtres dinandiers algériens, qui veillaient sur ce savoir-faire depuis des siècles.

Ces objets ont été le thème d’une première émission de quatre timbres consacrée à la dinanderie émise le 21/12/1974, d’après des dessins de Mohamed Temmam. Les merveilles de cet art seront choisies pour illustrer une seconde émission parue le 19/4/2011, où, sur les pas de Temmam, Sid-Ahmed Bentounes a illustré un plat de couscous et un pot à beurre fabriqués à Alger au XVIIIe siècle. La dinanderie a été encore une fois présente dans le catalogue philatélique algérien grâce à un bel échantillon d’objets conservés au musée du Bardo, choisis pour garnir une émission parue en 2014, illustrant un moulin à café d’Alger, ainsi qu’un marteau à sucre et une cisaille à sucre des Touareg datant du XIXe siècle.

Les richesses de la dinanderie en Algérie demeurent encore méconnues. On rappelle qu’à Constantine, grande cité célèbre par ses maîtres dinandiers depuis l’époque ottomane, on fabriquait avec du cuivre des jarres, le fameux tadjine, la tandjra, qui accompagnait l’emblématique quettar (l’alambic) lors des cérémonies de la distillation de fleurs d’oranger et de rosier, sans oublier l’inévitable sni (grand plateau circulaire) sur lequel on mettait les services à café lors du traditionnel rituel de kahwet el asser, mais on citera aussi les lampadaires, les heurtoirs, les supports pour le Coran et autres objets de décoration, qui demeurent toujours à la mode.

A une certaine époque, on en fabriquait même des instruments de musique, comme la derbouka et les naghrate (tambourins). Avec la concurrence des produits manufacturés, l’usage des ustensiles en cuivre s’est rétréci, mais la tradition demeure encore présente. Dans les grandes villes d’Algérie, à l’exemple d’Alger, Constantine et Tlemcen, où la dinanderie continue de faire de la résistance, ces ustensiles sont indispensables avec le trousseau de la mariée. A une époque pas très lointaine, tous les objets que les femmes emmenaient au bain maure étaient entièrement en cuivre (tassa-deloua-mehbess, teffal et kerouana).

Connue pour sa grande richesse ornementale, l’orfèvrerie algérienne n’est pas en reste. C’est encore grâce aux œuvres remarquables de Mohamed Temmam que cet art aura sa place sur les timbres algériens à travers une première émission parue le 10/2/1983, illustrant un miroir, des flacons de koheul et une boucle de ceinturon datant des XVIIIe et XIXe siècles, suivie deux ans plus tard par une magnifique série de trois timbres consacrés au même thème, mettant en valeur une cafetière, une coupe et un brûle-parfum de la même époque.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 20/10/2016 : Cliquez-ici pour le consulter.)

Page précédente Page d´accueil Haut de page

Tous les articles :

Page précédente Page d´accueil Haut de page