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Organisé du 27 octobre au 5 novembre de l’année en cours, le Salon international du livre d’Alger (SILA), qui en est déjà à sa 21e édition, est devenu, ces dernières années, le plus grand événement culturel en Algérie, drainant des milliers de visiteurs chaque jour. Il est même l’un des plus importants en Afrique et dans le Monde arabe.

Un véritable phénomène de société, qui prend de l’importance, en dépit de l’érosion du pouvoir d’achat et aussi du prix sans cesse élevé du livre. Curieusement, une telle manifestation, très attendue chaque année par les Algériens amoureux du livre et de la lecture, est étrangement boudée par Algérie Poste.

Depuis son institution, ce rendez-vous n’a jamais été choisi comme thème d’un timbre-poste, malgré son immense succès populaire. Cette absence du livre et de la littérature est très remarquée sur les timbres algériens. Rares ont été les occasions où cette thématique a été retenue dans les programmes philatéliques. Un retour au catalogue d’Algérie Poste nous révèle que la première apparition d’un timbre consacré au livre remonte au 15/4/1972. Une figurine qui a été réalisée et imprimée par la maison Courvoisier à l’occasion de l’année internationale du livre.

Depuis, plus rien, à moins d’un timbre «timide» émis le 16/4/1980 à l’occasion de Youm El Ilm, journée du savoir, réalisé par le même Courvoisier, où l’on voit une bibliothèque garnie de beaucoup de livres, avec une apparition du fameux «Iqra» qui veut dire «lis», premier mot invitant à la lecture, figurant dans les premiers versets coraniques reçus par le Prophète Mohamed, lors de la révélation. Depuis ses premiers balbutiements, les services philatéliques algériens semblent avoir une phobie pour le livre, la lecture et même les hommes de lettres et de sciences algériens dans différents domaines.

Malgré une longue liste d’hommes et de femmes algériens ayant marqué par leurs œuvres le riche patrimoine culturel de leur pays, on ne trouve qu’une poignée d’entre eux qui ont eu droit à un hommage mérité sur un timbre-poste. C’est vraiment désolant de le dire, mais les faits l’attestent. En 54 ans d’émissions philatéliques, il n’y a qu’un seul poète, le célébrissime Moufdi Zakaria, qui est représenté sur un timbre émis en 1997, réalisé par Kamreddine Krim.

Une célébration survenue après des décennies d’oubli et d’exil, coïncidant avec le 20e anniversaire de sa mort. Parmi les écrivains qui ont eu droit à cet «honneur», on compte seulement cinq personnalités, dont Mohamed Dib en 2000, suivi de Kateb Yacine et Ahmed-Redha Houhou en 2008, puis Mouloud Feraoun et Abdelhamid Benhadouga en 2015. Ce dernier a été réhabilité dans ses droits après la grande bourde commise en 2008. Ce qui est en somme insignifiant à l’endroit de ceux qui ont donné ses lettres de noblesse à la culture algérienne.

A ce jour, c’est l’amnésie qui semble frapper des personnalités comme Mouloud Mammeri (1917-1989), dont on célébrera l’année prochaine le centenaire de sa naissance, mais on citera aussi Malek Haddad (1927-1978), Frantz Fanon (1925-1961), Mostefa Lacheraf (1918-2007), mais aussi le poète Mohamed-Laïd Al Khalifa (1904-1979), toujours condamné à l’anonymat, au même titre de Djamel Amrani (1935-2005), Jean Amrouche (1906-1962), Taos Amrouche (1913-1976), sans oublier Assia Djebar (1936-2015), et la liste est encore longue.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 10/11/2016 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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