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En suivant de très près les péripéties de l’élection présidentielle américaine du 8 novembre, en dépit du décalage horaire, les Algériens ont montré un engouement remarquable pour les débats politiques passionnants entre les candidats à la Maison-Blanche, Hillary Clinton et Donald Trump. Des débats qui font toujours défaut en Algérie depuis de longues années, en raison du verrouillage total du champ politique. Mais entre les Algériens et les Américains, il y a aussi de l’histoire, depuis l’époque turque et bien avant la colonisation française.

Ce qui nous intéresse dans cette chronique, c’est de trouver des traces de la présence américaine sur les timbres-poste algériens. Après une courte recherche dans l’histoire philatélique algérienne, on retrouve qu’une telle présence remonte aux premières années de l’indépendance, à une époque où la Poste était bien collée à l’actualité. C’était à l’occasion d’un événement qui restera gravé dans l’histoire de l’humanité, durant la belle époque de la conquête de l’espace.

Pour immortaliser le 1er voyage de l’homme sur la Lune, le lundi 21 juillet 1969, la Poste algérienne avait émis le 23 août un premier timbre commémoratif de 0,50 DA réalisé et imprimé par la maison Kultura, soit 33 jours après l’événement, suivi en direct sur les écrans de télévision par 600 millions de personnes. On y voit au premier plan l’astronaute Neil Armstrong, commandant de la mission Apollo 11, effectuant ses premiers pas sur le sol de la Lune, et au fond, son collègue Edwin Aldrin, près du module lunaire, avec au loin la planète Terre. Vingt ans après, la Poste algérienne ne ratera pas la commémoration de cet anniversaire sur deux timbres dessinés par Tahar Boukeroui, émis le 21 juillet 1989.

Sur le premier est illustrée une vue de la Terre à partir de la Lune. Dans le second est dessinée la fameuse photo d’Aldrin prise par Armstrong. La présence américaine sur les timbres algériens est remarquée aussi sur le timbre consacré aux Jeux olympiques de Los Angeles, émis le 17 mai 984, dessiné par Sid-Ahmed Bentounes. Mais c’est sur le timbre réalisé par le même dessinateur, émis le 16 mars 1994, à l’occasion de la Coupe du monde de football, que l’on voit pour la première deux principaux symboles des Etats-Unis d’Amérique : l’emblème à la bannière étoilée (avec dix étoiles au nombre des Etats qui ont abrité la compétition), et la couronne de la Statue de la liberté.

Le dernier timbre de cette série paraîtra le 24 janvier 1996 à l’occasion des Jeux olympiques d’Atlanta. On ne s’est pas arrêtés là, et en remontant encore plus loin dans le temps, on est tombés sur un document philatélique rare et d’une grande valeur symbolique, qu’on a pu présenter aux lecteurs grâce à notre ami Ali Ahmed Mohamed Achour, expert et membre de l’Association internationale des journalistes philatéliques. Il s’agit d’une lettre rare affranchie aux Etats-Unis, portant un timbre à l’effigie de Benjamin Franklin et le cachet postal de la ville d’El Kader, dans l’Etat de l’Iowa.

Cette dernière était à l’origine un petit campement, dont les fondateurs ont choisi de lui donner ce nom en 1846 en hommage à l’Emir Abdelkader, qui menait à l’époque la résistance contre l’occupation française. Le fait qui donne toute sa portée symbolique à ce document qui remonte à 110 ans, est qu’il a été affranchi en 1907, soit un siècle après la naissance de Abdelkader.

Pour rappel, la ville d’El Kader est jumelée depuis 1984 avec Mascara, qui a été la capitale de l’Etat de l’Emir Abdelkader. Toute une aile du musée de cette ville est consacrée à l’Algérie et à l’Emir Abdelkader, alors que l’un des parcs d’El Kader porte le nom de Mascara Park. Toute une histoire qui demeure encore méconnue en Algérie.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 17/11/2016 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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