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Il y a 60 ans, presque jour pour jour, s’engageait la Bataille d’Alger. Le 7 janvier 1957, 8000 hommes de la 10e division de parachutistes entrent dans Alger qui vivait au rythme des attentats. Ils sont commandés par le général Massu, à qui Robert Lacoste, ministre résident en Algérie, vient de confier les pleins pouvoirs. Il sera assisté des colonels Bigeard, Trinquier, Godard et Léger. Quelques mois plus tôt, le FLN ripostait par une série d’attentats à l’acte criminel et sanglant perpétré le 10 août 1956, peu avant minuit, à la rue de Thebes dans La Casbah d’Alger par un groupe d’ultras français.

Un attentat à la bombe d’une rare violence, qui a surpris dans leur sommeil de simples gens, et ayant coûté la vie à 70 personnes, dont une majorité d’enfants, de femmes et de vieillards. La Bataille d’Alger a été une dure épreuve pour les habitants de La Casbah avec les rafles, les fils barbelés, les quartiers bouclés, les milliers d’arrestations et de disparus, les centres de triage, mais surtout la pratique généralisée de la torture dénoncée même par des militaires, des hommes politiques et des intellectuels français. Une période marquée aussi par la grève générale de 8 jours déclenchée le 28 janvier 1957 sur ordre du FLN pour alerter l’opinion internationale au moment où l’ONU a ouvert les débats sur la question algérienne.

D’autres événements suivront, avec l’arrestation, le 16 février, de Larbi Ben M’hidi qui sera tué dans la nuit du 3 au 4 mars par les agents de Paul Aussaresses. Le 11 juin sera aussi le jour de l’arrestation de Maurice Audin, membre du PCA, disparu le 21 juin. Debbih Chérif et Hadji Othmane tomberont les armes à la main le 26 août 1957. Les événements se suivent et s’accélèrent avec l’arrestation de Yacef Saâdi, responsable militaire au FLN, en compagnie de Zohra Drif.

Puis, le 8 octobre 1957 surviendra le plasticage de la maison située au n°5 de la rue des Abderames, servant de cache pour le groupe d’Ali Amar, plus connu par le surnom Ali La Pointe. Ce dernier tombera en martyr avec Hassiba Ben Bouali, le petit Omar, et une vingtaine d’habitants. Si dans cette chronique, on fait un rappel de l’histoire, ce n’est pas pour réécrire cette histoire, même si la jeune génération n’en connaît pas les détails, mais pour rafraîchir les mémoires et combattre l’amnésie, notamment en ce qui concerne les faits dont Alger et notamment La Casbah ont été le théâtre durant ces sept mois de l’année 1957.

On a l’impression que les martyrs de cette bataille ont été complètement oubliés. Depuis 2014, le ministère des Moudjahidine a dressé une liste de commémorations des 60 ans de plusieurs événements, à commencer par le déclenchement de la Révolution, les attaques du 20 août 1955, puis du Congrès de la Soummam. Des événements que la Poste algérienne a toujours tenu à célébrer dans des émissions philatéliques au moins tous les cinq ans. S’il s’agit d’une bonne tradition, il n’en demeure pas moins qu’un devoir de mémoire s’impose aussi pour cette période de l’histoire du pays qui a marqué toute une génération d’Algériens.

Des faits qui inspireront la fameuse Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo. Un des films culte dans l’histoire du cinéma algérien. Paradoxalement, la célèbre «Bataille d’Alger» n’a jamais inspiré la Poste algérienne. En piochant dans le catalogue philatélique algérien, nous n’avons trouvé aucune trace d’une commémoration aussi modeste soit-elle de cette période. Pour simple consolation, nous avons établi une sélection des timbres émis sur le lieu qui a été le théâtre de la majorité des événements, à commencer par le drame de la rue de Thèbes. Le 12/6/1971, La Casbah d’Alger sera illustrée pour la première fois sur un timbre dessiné par Ismail Samsom dans la célèbre série de la Poste aérienne.

Les ruelles de La Casbah d’Alger seront le sujet d’une seconde émission de trois timbres parue le 30/5/1985, signée Sid-Ahmed Bentounes. La même émission sera diffusée sur un carnet postal, vendu à travers des distributeurs automatiques pour l’affranchissement courant. Le même dessinateur signera le 22/4/1998 une dernière série consacrée à ce site classé patrimoine mondial par l’Unesco en 1992. Elle sera encore plus belle, avec des vues sur l’Amirauté, les terrasses et surtout ces venelles et ces maisons qui ont été au cœur des événements durant cette dure année 1957.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 05/01/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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