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Assemblée Populaire Nationale

Par ces temps de crise, d’austérité et de cherté de la vie, qui marquent le dur quotidien des Algériens, les législatives prévues le 4 mai prochain ne semblent pas emballer grand monde. La plupart ont même oublié que cette institution qu’on appelle pompeusement «le Parlement», et qui a fini par devenir très onéreuse pour le Trésor public, fêtera cette semaine son 40e anniversaire. Pour ceux qui ont vécu l’époque du parti unique et l’ère des «glorieuses» années du boumediénisme, le 25 février 1977, avait marqué la naissance de ce qu’on appellera l’Assemblée populaire nationale (APN), après douze ans de mainmise du Conseil de la Révolution, créé après le coup d’Etat du 19 juin 1965, contre le défunt président Ahmed Ben Bella.

A l’époque, la Poste algérienne n’a pas raté l’occasion de célébrer cet événement historique par l’émission d’un timbre signé Mohamed Temmam. Une figurine d’une valeur de 2 DA aux dimensions importantes (38,5mm x 33 mm), illustrant l’auguste Assemblée lors de sa constitution dans l’ambiance faste du célébrissime Palais des congrès du Club des Pins. Ce seront les années de miel pour cette APN naissante présidée par le défunt Rabah Bitat, du 8 mars 1977 au 10 octobre 1990, soit durant 13 ans, 7 mois et 2 jours (un record qu’il sera difficile de battre).

Rabah Bitat fut aussi le président par intérim de la République algérienne, suite au décès de Houari Boumediène en décembre 1978. Toutefois, et pour la postérité, Rabah Bitat, l’un des six historiques de la Révolution algérienne, décédé le 10/4/2000 à l’âge de 74 ans, sera le seul président de l’APN honoré à titre posthume sur un timbre réalisé par Sid-Ahmed Bentounes, émis le 29/12/2004, où son portrait a été mis en avant, avec pour arrière-plan le siège du boulevard Zighoud Youcef.

Après trois mandats, de 1977 à 1992, où elle a été qualifiée de «chambre d’enregistrement», chargée d’adopter les lois à l’unanimité, ou encore de «fabrique de lois», l’APN monopartisane ne sera pas renouvelée à la fin de son mandat. On se rappelle encore de cette phase de turpitudes, suite aux élections du 26 décembre 1991, remportées en partie par l’ex-FIS, puis l’annulation du second tour, la démission de Chadli en janvier 1992, le vide constitutionnel, l’arrivée de Boudiaf, le Haut-Comité d’Etat, le Conseil consultatif national (1992-1994), puis le Conseil national transitoire (1994-1997). Après toutes ces années sombres, on ne reverra l’APN dans le catalogue philatélique algérien qu’à la faveur des élections législatives du 5 juin 1997, marquées par une fraude massive au profit du RND.

Le timbre au fond jaune fade illustre la carte de l’Algérie avec le dessin d’une foule en délire défilant avec les emblèmes nationaux, et une inscription du genre populiste : «Pour concrétiser la volonté populaire». Pour boucler la boucle, Algérie Poste, soucieuse de coller à l’actualité, finira tout ce parcours tumultueux par l’émission, le 30/12/1997, pour la première fois dans l’histoire philatélique algérienne, d’une série allégorique de cinq timbres se tenant, réalisés par Kamreddine Krim, avec pour thème le «Parachèvement de l’édifice institutionnel».

On y trouve, pour l’histoire, la présidentielle du 16/11/1995, remportée par Liamine Zeroual, le référendum sur la révision de la Constitution du 28/11/1996, les législative du 5/6/1997, les élections locales du 23/10/1997 et enfin l’élection du Conseil de la nation le 25/12/1997. Quarante ans après, et malgré sa composante pluraliste, l’APN, devenue désormais bipartisane (FLN-RND), ne sortira plus du giron du pouvoir. Ce sont des traditions qui ont la peau très dure.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 23/02/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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