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Scout Musulman Algérie

On ne cessera pas de déplorer dans ces chroniques les oublis et les ratages historiques du service philatélique d’Algérie Poste. Des faits qui s’enchaînent à un rythme étonnant depuis plusieurs années. L’histoire du nationalisme algérien en est un parfait exemple. On ne peut pas faire un cours de cette dernière sans évoquer le rôle capital du mouvement des Scouts musulmans dans la formation de base des futurs militants.

Ces derniers assumeront des années plus tard des responsabilités au sein du PPA-MTLD, avant d’être les instigateurs de la lutte armée et les chefs militaires lors de la Révolution algérienne. Parmi les plus connus, on citera surtout les trois chefs historiques, Larbi Ben M’hidi, Didouche Mourad et Badji Mokhtar.

Ce mouvement, qui a vu le jour grâce à un nationaliste exceptionnel, qu’on a tendance à oublier de nos jours. Il s’agit de Mohamed Bouras, superbement ignoré par la Poste algérienne depuis 1962. Durant les nombreuses commémorations des anniversaires des Scouts musulmans algériens (SMA), on ne retrouve que de banales allégories dégoûtantes et déplaisantes et autres célébrations d’événements internationaux, qui semblent s’éterniser. Le 23/7/1966, un premier timbre consacré aux SMA a été signé par M.Bouzid, pour célébrer le 30e anniversaire de cette organisation. Dans la même émission, on retrouve une autre figurine du même dessinateur, à l’occasion du 7e Jamborée arabe.

Les allégories suivront à la même cadence dans un timbre paru le 23/12/1967, avec pour sujet le Jamborée mondial de l’Idaho, aux Etats-Unis, dessiné par P. Lambert, puis le 4/7/1968, paraîtra un autre sur le 8e Jamborée arabe d’Alger, d’après un dessin de Bachir Yelles, suivi d’un timbre réalisé par H.Boukendjakdji, sorti le 14/7/1973, pour célébrer la 24e Conférence mondiale du scoutisme, tenue à Nairobi, au Kenya. Dans les années 1980, deux figurines ont été émises à l’occasion du 75e anniversaire du scoutisme mondial, d’après une œuvre de Kamredine Krim (21/10/1982), et le 75e anniversaire des Scouts arabes par Tahar Boukeroui (7/4/1988).

Le 28/05/2001, la Poste émettra la première figurine dessinée par Kamredine Krim, pour commémorer la Journée nationale du scout. Cette célébration, qui arrive très en retard, coïncide avec le 60e anniversaire de l’assassinat de Mohamed Bouras. Une journée décrétée officiellement pour se remémorer les sacrifices de cet homme, mais l’injustice ne sera jamais réparée. Né en 1908 à Miliana, Mohamed Bouras, fondateur des Scouts musulmans algériens, a connu une vie pleine et un parcours hors du commun.

Après des cours à l’école indigène de sa ville natale, il rejoint la médersa Al Falah pour apprendre la langue arabe et suivre des cours de théologie. Il poursuivra son cursus au collège français de Miliana. Les dures conditions de la vie l’obligeront à quitter les bancs de l’école en 1926 pour travailler. Destination Alger, où il sera secrétaire dactylographe à l’inspection maritime. Cette période de sa vie sera riche en événements lorsqu’il fréquente les établissements de l’Association des Oulémas, dont le Cercle du progrès, avant de suivre des études de droit à l’université d’Alger.

L’histoire retiendra que Mohamed Bouras fondera la première section des Scouts musulmans algériens, dénommée Al Falah, en juin 1936. Il sera le précurseur de toutes les sections des scouts créées dans les années suivantes et qui seront réunies en fédération sous la présidence de Cheikh Abdelhamid Ben Badis. Le succès rencontré par les sections des scouts musulmans fondées dans plusieurs villes de l’Algérie et l’adhésion massive des jeunes sonneront l’alerte chez les autorités coloniales, qui ont commencé à appréhender le danger que ces organisations peuvent représenter dans l’éveil du nationalisme algérien.

Mohamed Bouras sera mis sous surveillance par les services français. En mai 1941, il sera arrêté à Alger par les services du contre-espionnage. Accusé d’espionnage au profit des Allemands, il subira la torture durant des jours, avant sa présentation devant le tribunal militaire d’Alger. Il sera condamné à mort. Le 27 mai 1941 à l’aube, Mohamed Bouras sera exécuté sur le terrain militaire d’Hussein Dey.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 25/05/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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