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Miniature Costume

Dans un beau livre, paru en 2007 aux éditions Dar Ounoutha, Nafissa Lahreche raconte, à travers une riche illustration, la magnifique histoire des costumes et habits traditionnels féminins en Algérie depuis l’époque ottomane à nos jours. Un patrimoine qui révèle une importante variété de modèles, de motifs et en couleurs, marquée d’une authenticité originale. Ce qui se dit également pour les costumes et habits portés par les hommes ayant connu une réelle évolution à travers les siècles.

Il s’agit aussi d’un héritage culturel et patrimonial d’une grande valeur symbolique, qui a résisté aux influences de la colonisation, avant de céder face aux contraintes de la modernité. Comme dans l’ouvrage de Nafissa Lahreche, qui revient sur l’évolution des habits d’extérieur et d’intérieur pour femmes, la collection philatélique algérienne demeure parmi les plus riches en timbres consacrés à cette belle thématique.

Une série de figurines de grande qualité esthétique et technique entamée par les émissions de miniatures de Mohamed Racim représentant le faste de l’époque turque, dont une première a vu le jour le 25 décembre 1965, où l’on admire les beaux habits des musiciens, des musiciennes et de la princesse «posant» dans la cour d’un palais. Une seconde émission suivra une année plus tard, symbolisant le majestueux Barberousse, avec son prestigieux costume, un cavalier en action et la toilette de la mariée.

La représentation des habits traditionnels algériens prendra par la suite les allures d’une véritable collection de magnifiques tableaux de l’artiste-peintre Bachir Yelles, qui a fait le tour de toutes les régions d’Algérie, pour étaler toute la beauté et la finesse des habits algériens. Une première émission de quatre timbres paraît ainsi le 16 octobre 1971, dans laquelle on retrouve la femme des Aurès habillée de sa melhfa, la tête couverte d’une coiffe, à côté d’une illustration d’un homme originaire de l’Oranie, avec djeba et burnous, et un homme de la région d’Alger vêtu d’une chemise, un gilet, un seroual et une chéchia, et enfin une femme de Djebel Amour, portant une robe naïlie de couleur rouge.

Développant une belle suite dans les idées, Bachir Yelles réalisera une seconde série émise le 18 novembre1972, représentant un homme du Hoggar avec sa tenue mauve et bleu, une femme kabyle avec sa traditionnelle robe avec accessoires, un homme du M’zab avec djeba, seroual, burnous et chèche, et une femme de Tlemcen habillée en robe traditionnelle.

Le même artiste persiste et signe une troisième émission parue le 22 février 1975, où il illustre une femme algéroise en tenue d’intérieur, avec seroual et gilet, une femme targuie avec sa robe traditionnelle, une femme portant la robe oranaise, et un homme de Tlemcen avec seroual, chemise et veste.

Cette belle thématique sera malheureusement interrompue durant de longues années, avant d’être reprise par Ali Kerbouche, qui a rendu un hommage aux légendaires haïk et m’laya, que les femmes algériennes portaient avec grande fierté dans la région d’Alger, le Centre et l’Ouest, pour le premier, et dans la région de Constantine et certaines villes de l’Est pour la seconde.

La série du haïk et de la m’laya sortie en 2014 sera suivie en 2015 par une deuxième réalisée par le même dessinateur et consacrée aux costumes traditionnels pour hommes et femmes d’Alger et de la Kabylie. Les costumes et habits traditionnels algériens ont connu une seconde jeunesse, ces dernières années, suscitant un engouement remarquable grâce à une génération douée de jeunes stylistes, hommes et femmes, apportant une touche de création au seroual, melhfa du Sud, l’amlouf de Laghouat, ou encore El Mehboub de Ghardaïa et El Oued.

D’autres modèles revisités sont réapparus pour le burnous, la djellaba, la djelila, la gandoura constantinoise, le karakou et le caftan pour ceux qui en ont les moyens. Le plus étrange dans toute cette collection est l’incompréhensible ratage d’Algérie Poste, qui n’a consacré aucun timbre à la célèbre chedda de Tlemcen, classée en 2012 par l’Unesco au titre du patrimoine culturel immatériel universel. Comme si cette administration vivait sur une autre planète !

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 11/05/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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