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Memorial du martyr Alger

Dans notre chronique du 20 avril dernier, nous avions abordé la présence française sur les timbres algériens, où nous avions focalisé sur l’illustration de la tour Eiffel, devenue un monument vedette sur nos vignettes postales. Avec son esprit alerte, notre ami et confrère Mohamed Achour Ali Ahmed, membre de l’Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP), ne manquera pas de nous faire une remarque pertinente au sujet de la présence sur neuf timbres algériens de notre vedette nationale, le mémorial du Martyr d’Alger, devenu le célébrissime Maqam Echahid, que des milliers d’Algériens et d’étrangers visitent chaque année. Un monument dont l’histoire mérite bien d’être racontée.

En fait, le projet de construire à Alger un mémorial du Martyr remonte à l’époque du défunt président Houari Boumediène. Mais il sera concrétisé sous l’ère Chadli. Le but était de doter la capitale d’un lieu digne, où ses hôtes viendraient accomplir le protocole de s’y recueillir et de déposer une gerbe de fleurs, et, le cas échéant, réciter la Fatiha. Une idée importée des pays européens, notamment ceux du défunt bloc de l’Est, qui avaient leurs monuments du soldat inconnu.

Conçu selon une maquette de Bachir Yelles, il sera réalisé par l’entreprise canadienne Lavallin. Les travaux du mémorial furent entamés en 1981, et le sanctuaire sera inauguré le 5 juillet 1982. Le monument, haut de 92 mètres, a été conçu sous forme de trois palmes qui se rejoignent autour d’une tourelle surmontée d’un dôme. Maqam Echahid, qui abrite dans sa partie basse le Musée du Moudjahid, a été aussi au centre de toutes les blagues délirantes à l’époque de Chadli, qui ne sera pas épargné lui aussi.

On se souvient que même les islamistes se sont mis de la partie, en le surnommant «Houbel», en référence au célèbre dieu adoré par les gens de Qorayche, à l’époque pré-islamique. Si le sanctuaire du Martyr est devenu un passage incontournable pour tous les présidents et les délégations officielles en visite à Alger à l’occasion de différents événements internationaux, il sera le site le plus en vue en Algérie. On le retrouvera pour la première fois sur un timbre algérien dessiné par Sid Ahmed Bentounes (SAB), émis le 8/10/1998 pour célébrer la Journée nationale de la diplomatie.

Il sera illustré sur un timbre paru le 19/2/2003 en train de «danser au tango avec la tour Eiffel», dans une série consacrée à l’événement de l’Année de l’Algérie en France, œuvre de SAB. Il sera encore une fois la vedette «en solo» sur un timbre à usage courant à validité permanente, le premier du genre dans l’histoire de la philatélie algérienne, émis le 20/6/2010 et signé également par l’inévitable SAB. Le 25/9/2011, il sera choisi comme «héros» du Festival de la bande dessinée, sur une figurine dessinée par Farid Redouani, où il tient compagnie à la mascotte de l’événement.

On retrouve le sanctuaire du Martyr sur un 5e timbre émis le 19/11/2014, pour accompagner les réalisations dites «nationales», alors qu’elles sont l’œuvre de Chinois et de Brésiliens. Comme pour montrer que ce monument colle à tous les événements, le dessinateur, Kamereddine Krim, a choisi de l’illustrer sous forme d’un faisceau lumineux aux couleurs de l’arc-en-ciel sur la figurine célébrant l’Année internationale de la lumière.

Nous découvrons, grâce à la perspicacité de notre ami Mohamed Achour Ali Ahmed, que le mémorial a figuré pour la 7e fois sur le feuillet, émis en 2012 et dessiné par SAB, pour le 50e anniversaire de l’indépendance. Il sera présent sur un 8e timbre émis en 2014 à l’occasion de la 17e conférence ministérielle du Mouvement des pays non-alignés.

Et pour la 9e reprise, le mémorial sera illustré sur le timbre émis le 24 avril dernier à l’occasion de la tenue à Alger de la 2e session du Comité technique spécialisé dans le développement social, le travail et l’emploi à l’Union africaine. Avec neuf apparitions, le sanctuaire du Martyr détient désormais la palme du monument algérien le plus représenté sur les timbres-poste. Un record de sprinter qu’il semble déterminé à ne pas laisser battre.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 04/05/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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