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Fleurs Algeriennes

A chaque fois qu’on «ratisse» méticuleusement les pages du catalogue philatélique algérien, on tombe sur des faits qui ne peuvent qu’attirer les passionnés du timbre. Si on a souvent disserté sur la thématique des timbres postaux algériens et mis en lumière les dessinateurs les plus connus, on ne parlait pas toujours assez des imprimeurs, qui demeurent un acteur incontournable dans la réalisation des vignettes postales.

En évoquant le parcours du timbre algérien, on ne peut omettre de rappeler l’apport de l’un des imprimeurs qu’on classe parmi ceux qui ont durablement marqué son histoire depuis l’indépendance. Il s’agit de la maison Hélio Courvoisier SA, de La Chaux-de-Fonds, en Suisse, dont les philatélistes algériens gardent les meilleurs souvenirs. Durant des décennies, cet imprimeur a réalisé les plus beaux timbres algériens, en leur donnant leurs attraits les plus parfaits, avec une qualité irréprochable.

Un véritable travail de professionnel. Depuis le premier timbre d’Ali Khodja sur le centenaire de la Croix-Rouge Internationale, émis le 8/11/1963, jusqu’à la fameuse série de la Concorde civile, sortie le 16/4/2000, soit en 37 ans, la maison Helio Courvoisier a imprimé pour le compte de la Poste algérienne pas moins de 141 émissions touchant différentes thématiques, totalisant 312 timbres et 2 carnets de dix vignettes chacun.

On ne parlera pas de moyenne, puisque la maison helvétique a connu une baisse drastique des commandes de la part de l’Algérie à partir de 1988, au profit de l’imprimerie de la Banque Centrale. Une transition qui ne s’est pas faite sans influer sur la qualité et la valeur des timbres algériens, en nette dégradation. L’époque la plus riche et la plus prospère demeure celle des années 1970, où la maison suisse avait étalé toute sa classe en imprimant des pièces classées pour l’éternité comme des chefs-d’œuvre dans le catalogue philatélique algérien. On citera surtout celles des floralies, des oiseaux, des arts traditionnels, des vestiges archéologiques, des sports et des sites touristiques. Au gré de nos multiples recherches et grâce à ce merveilleux outil qu’est internet, nous avons pu récolter des informations sur l’histoire de cette imprimerie grâce à un article publié le 18 novembre 2007 par Claude Grimm, sur le site arcinfo.ch, intitulé «La saga du timbre racontée à la bibliothèque de la ville».

Il était question d’une exposition abritée par la bibliothèque de la ville de La Chaux-de-Fonds, retraçant l’histoire de ce fleuron de la production mondiale de timbres, qui a fermé ses portes en 2001, après avoir produit des timbres pour le monde entier. On relève cette déclaration de Sylvie Béguelin, responsable du secteur Recherche et information de la bibliothèque de la ville et initiatrice du projet, qui notera : «Souvent, lorsqu’une entreprise ferme ses portes, la première chose qui passe à la benne, ce sont les archives.

Avec le fonds de l’entreprise Hélio, nous sommes en possession d’un patrimoine assez rare, tout particulièrement d’un point de vue esthétique.» L’événement tenu entre novembre 2007 et février 2008 a été une occasion de «présenter au public un pan de l’histoire locale en lien avec les grands événements du 20e siècle». C’est grâce aussi à l’article de Claude Grimm qu’on apprend le côté historique de la belle saga de l’imprimerie Courvoisier, fondée en 1880, et qui décide de créer en 1928 un département d’héliogravure. En 1931, les premiers timbres sont livrés aux postes suisses.

A partir de 1933, la principauté du Liechtenstein, suivie dès 1935 par le grand-duché du Luxembourg confient de nombreuses émissions à la maison. En 1973, l’entreprise Hélio Courvoisier produit pour 15 pays d’Europe, 17 d’Afrique, 16 d’Asie, 4 d’Océanie et 10 d’Amérique. En 1987, la famille Courvoisier vend ses parts, et le directeur, Gilbert Hutin, reprend le capital, avec une participation des PTT à hauteur de 20%. A la fin des années 1990, elle livre annuellement 600 millions de timbres et blocs-feuillets à 96 pays répartis sur 5 continents. Les nouvelles technologies de l’information et l’avènement du courrier électronique entraînent une chute libre de l’utilisation des timbres postaux. La maison Helio Courvoisier a malheureusement fermé le 30 avril 2001, laissant derrière elle de très beaux souvenirs philatéliques.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 18/01/2018 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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