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Timbre 50ème Anniversaire du Service National

Il y a toujours quelque chose de bien dans les polémiques. Celui de provoquer des débats, des réactions et surtout de faire couler beaucoup d’encre. C’est le cas depuis cinq mois pour le service militaire, au centre d’une controverse qui anime la grève mouvementée des médecins résidents. Ces derniers semblent ne pas vouloir lâcher prise. C’est devenu même une question de «nif», après la triste bastonnade du 3 janvier devant le CHU Mustapha Pacha. Mais dans toute cette polémique, il y a une histoire qui demeure encore méconnue. Celle du service national, devenu désormais un séjour militaire obligatoire pour les jeunes Algériens.

Le service national aux particularités algériennes de la belle époque des années 1960 et 1970, celui des grandes réalisations, n’est plus qu’un lointain souvenir. Instauré par ordonnance n°68-82 du 16 avril 1968 parue dans le Journal officiel n°32 du vendredi 19/4/1968, comptant sept articles et signée par le défunt Houari Boumediène, alors chef du gouvernement et président du Conseil des ministres, le service national connaîtra la mobilisation de la première promotion le 21 avril 1969. Dans l’histoire philatélique algérienne, cet événement majeur sera porté pour la première fois sur un timbre-poste le 21/4/1973. Sur la fameuse figurine de 0,4 DA, dessinée par Bachir Yelles, on voit pour la première fois un soldat en uniforme drapé de l’emblème national, avec en arrière-plan les projets de réalisation dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l’industrie.

En fait, le service national de l’époque accompagnera les réalisations emblématiques de l’Algérie. C’est le cas du projet du «Barrage vert présaharien», sujet d’un timbre dessiné par Bachir Yelles, émis le 25/11/1976, illustrant des soldats, fusil à l’épaule, mettant en terre les premiers plants sur la vaste étendue située à la frontière entre les Hauts-Plateaux et le Sahara. Une autre belle image fera son apparition sur une vignette parue le 1/11/1978, réalisée par Sid Ahmed Bentounes, qui choisira le sujet de «La route de l’Unité africaine» pour dessiner des soldats à l’œuvre en plein désert inspectant les travaux de la route et conduisant des engins sur le bitume.

Pour rappeler toutes les réalisations du service national, curieusement oublié durant toutes ces années, la Poste algérienne choisira la date du 11/5/1989 (et non celle du 16 avril) pour commémorer le 20e anniversaire de celle qui est devenue une véritable institution de l’Armée nationale populaire, à travers un timbre de K. Sadoun, alors que cette date correspond en fait au 20e anniversaire de la première promotion, comme nous l’avons indiqué plus haut. L’instauration, en 1973, d’un service militaire des garde-côtes, inconnu du grand public, ne sera révélée que le 3/4/1993, à l’occasion de la célébration du 20e anniversaire de ce corps, sur un timbre signé par Kamreddine Krim.

L’histoire retiendra pour toujours que loin des slo-gans pompeux avancés à grands coups de publicité «mensongère» lors des grandes cérémonies officielles, ce sont les milliers de jeunes appelés du service national qui ont été engagés dans les premiers rangs pour faire face aux hordes sauvages des terroristes durant la décennie noire des années 1990.

Ce sont ces jeunes qui ont payé un lourd tribut pour tirer le pays de cette longue tragédie nationale. Malheureusement, l’institution militaire n’a jamais jugé opportun de leur rendre hommage sur un timbreposte, même pas à travers une simple allégorie. La même institution militaire, qui continue de louer les valeurs de ce service militaire, à une époque où les jeunes Algériens, désespérés, en proie au chômage et à la misère, optent plutôt pour la harga, a choisi de célébrer le 50e anniversaire de sa création.

On ne comprendra pas pourquoi le choix de la date du 8 avril, plutôt que le 16 avril. Et puis on ne comprendra pas pourquoi l’ANP a opté pour un timbre «bidon», portant une effigie sur un fond vert «militaire». En somme, une vignette hideuse sans aucune portée ni valeur esthétique pour célébrer un cinquantenaire. C’est vraiment dommage.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 12/04/2018 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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