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Tassili

Plusieurs ouvrages et diverses publications sur le Tassili N’ajjer ont vu le jour depuis que les scientifiques ont commencé à s’intéresser à ce site, mais aussi depuis que son parc culturel et naturel, situé près de Djanet, dans la wilaya d’Illizi, le premier du genre en Algérie, a été classé patrimoine mondial par l’Unesco en 1982, puis réserve de biosphère depuis 1986.

Mais tous les mots demeurent toujours incapables de décrire ses merveilles naturelles sublimes, qui refusent de révéler encore tous leurs secrets.

Ce vaste espace s’étendant sur une superficie de 138 000 km2, soit le quart de la France, ou plus du tiers de l’Allemagne, ou l’équivalent d’un pays comme la Grèce, cache encore des mystères.

Très riche en vestiges archéologiques et en sites naturels d’une extrême beauté, qui le placent parmi les plus célèbres au monde, le Tassili N’ajjer est le territoire le mieux représenté sur les timbres algériens.

Toutes les émissions parues depuis 1966 à nos jours méritent d’être rassemblées dans un véritable «guide philatélique».

Les plus célèbres demeurent sans conteste les deux séries de dessins rupestres réalisées par G. Le Poitevin en 1966 et 1967, où on trouve illustrés le bovidé magique, le berger Peuhl (en référence au peuple qui avait habité la région), les autruches, les jeunes filles Peuhl, les vaches, les archers, l’antilope cheval et les guerriers.

Des dessins de couleurs rouge et blanche sur fond ocre, une couleur sacrée chez les populations ayant habité cette région et dont on loue les vertus revivifiantes.

Des dessins révélant un art d’une grande qualité. En témoignent ces dessins d’humains de type négroïde, où l’on peut voir des femmes élégantes aux coiffures élaborées. Des traces d’une civilisation qui a 2000 ans d’avance sur l’Afrique méditerranéenne, selon certaines sources historiques.

La même thématique des peintures rupestres du Tassili N’ajjer reviendra sur de nouvelles vignettes, avec des couleurs différentes, mais avec le même cachet à travers des diapositives représentant le mouflon de Tan-Zoumaîtek, les bovidés de Jabbaren, et d’Iherir et le bœuf unicorne de Jabbaran. Des traces de l’homme du Néolithique qui pratiquait la chasse.

Le Tassili N’ajjer, qui a marqué sa présence à travers l’homme targui et les paysages naturels, sur des vignettes produites à l’occasion de l’année internationale du tourisme (29/4/1967) et la conférence mondiale du tourisme à Manille aux Philipines (25/9/1980), sera (re)découvert une nouvelle fois dans la série dessinée par A. Chair, émise le 20/10/1983 à l’occasion de la classification de ce site dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1982.

Des timbres qui mettront en valeur la faune, la flore, la culture populaire et les vestiges archéologiques.

Les philatélistes algériens apprendront aussi à connaître «l’Art préhistorique», qui a fait son apparition dans cette région, il y a plus de 10 000 ans, quand l’homme «qui n’avait jamais fait les Beaux-Arts» réalisait des merveilles sur la roche.

Ce sera grâce à deux timbres émis le 1/9/2014 d’après les pièces Char au galop volant du Tamadjart, et Bethyle anthropomorphe du Tabelbalet, conservés au Musée du Bardo à Alger.

Le Tassili N’ajjer est également présent sur le catalogue philatélique algérien grâce à sa faune représentée sur des timbres, dont certaines espèces sont menacées de disparition à l’exemple du mouflon à manchettes, le fennec (24/6/1967), le chat des sables (23/1/1986), la gazelle Dorcas (13/5/1992), le guépard (20/7/2005).

Paradoxalement, c’est le patrimoine sylvestre du Tassili N’ajjer qui demeure absent sur les figurines postales, à l’image du Cyprès du Tassili, le Laperrine, l’Acacia et le Tamarix.

On ne cessera jamais de découvrir encore les merveilles de cette vaste étendue de sable et de formations rocheuses en explorant sur les timbres le plateau de la Tadrart, qui signifie «la montagne» en tamahaq, long de 300 km et situé à 200 km de Djanet, au sud-est du parc national du Tassili N’ajjer, et couvrant une étendue offrant des paysages d’une beauté féerique.

Une émission sera consacrée à ce site à travers deux timbres émis le 15/9/2004 dessinés par Sid Ahmed Bentounes et illustrant les sites de In Tehaq et Ekanassay.

En dépit d’une bonne trentaine de timbres émis depuis l’indépendance, le Tassili N’ajjer mériterait encore mieux, surtout qu’il abrite la vallée d’Iherir classée zone humide selon la convention Ramsar en 2001, mais aussi un nombre important de gravures rupestres dites de l’Oued Djerat, faisant de lui l’un des plus importants sites à l’échelle mondiale, et qui demeurent encore méconnues du grand public en Algérie.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 11/10/2018 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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