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Yennayer qui coïncide avec le 12 janvier du calendrier grégorien, est le jour qui marque le début de l'an amazigh (berbère). Il est célébré partout en Algérie, au Maroc en Tunisie, en Libye, aux Iles Canaries, mais aussi par les communautés amazighes à travers le monde. Dans une ambiance festive et solidaire, on y prépare le couscous au poulet, repas emblématique qui présage une année riche et prospère.

Fête de Yennayer

Sur ma proposition, la poste algérienne a accepté d'émettre un timbre-poste en célébration de cette fête, décision impensable il y a seulement quelques années en raison du caractère sensible de ce sujet dans une région où les pouvoirs politiques ont longtemps tourné le dos aux revendications identitaires liées à la culture amazighe. De plus, qui aurait dit que ce timbre apparemment anodin cache, en vérité une histoire qui nous transporte jusqu'à aux temps des pharaons d'Egypte ? En effet, selon une version très ancrée chez les historiens, Yennayer 2963 que nous célébrons cette année commémore l'intronisation du roi amazigh Chechnak 1er (parfois transcrit Chechonk) comme pharaon d'Egypte en 950 avant J.C.

Ce jour-là, Chechnak marque sa victoire sur le pharaon Psousennès II, ce qui lui permet de conquérir l'Egypte et de soumettre tout le Delta du Nil à son autorité où il fonda sa capitale à Tanis, ville dénommée actuellement San El Hadjar. Les trésors de cette XXIIè dynastie sont aujourd'hui exposés au Musée du Caire. Découverts en 1939 dans la nécropole des rois de Tanis par une mission d'égyptologues français, ils racontent l'histoire de ces berbères devenus pharaons d'Egypte pendant près de deux siècles.

En attendant son officialisation comme date commémorative « nationale » en Afrique du Nord, au même titre que les autres fêtes dites « légales, Yennayer, n'est pas seulement une date et une tradition. Elle est surtout un symbole et un repère identitaire et historique de tout un peuple.

L'auteur du timbre sur Yennayer est Khelifi Saliha, une artiste peintre qui, dans ses créations artistiques s'inspire du patrimoine symbolique et du répertoire graphique amazighs. Pour découvrir son univers, vous pouvez visiter son blog http://khelifisaliha.skyrock.com/

Interrogée à propos des signes graphiques (Y) présents autour du plat de couscous, Khelifi Saliha nous a précisé qu'il s'agit de dessins très anciens qui figurent les premiers hommes d'Afrique du Nord rencontrés aussi bien à Djerba (Tunisie) qu'à l'Institut Royal de la Culture Amazighe au Maroc.

Med Achour ALI AHMED (AIJP)

Photo de l'article tel publié sur PHILATEG NATIONAL N° 140 - Mars 2014

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