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L’histoire passionnante d’un timbre-poste

Ahmed Benyahia

Il est l’un des premiers dessinateurs de timbres-poste de l’Algérie indépendante, après Ali Ali Khodja et Mesli. Artiste-peintre et sculpteur, Ahmed Benyahia présente le profil d’un homme au parcours atypique. Né le 11 mai 1943 à Chelghoum Laïd, il s’inscrit en 1957 à l’école municipale des beaux-arts de Constantine. Il sera le premier Algérien à rouvrir cette école municipale après l’indépendance, avant de donner des cours de dessin et de peinture au lycée Hihi El Mekki. En octobre 1963, il intègre l’Ecole nationale des beaux-arts d’Alger, à l’âge de 20 ans, avant de rejoindre l’Ecole des beaux-arts de Paris deux ans plus tard. Son parcours reste aussi intimement lié à l’histoire d’un timbre-poste qui lui a ouvert les portes de la célébrité.

Une histoire passionnante qu’il a bien voulu nous raconter. «En 1964, la chambre de commerce et d’industrie d’Alger lance un concours pour la réalisation d’une affiche pour la 1re Foire internationale d’Alger, et c’est ainsi que j’ai décidé de concourir aux côtés de mes professeurs à l’Ecole des beaux-arts d’Alger ; j’ai décroché le premier prix, ce qui m’a d’ailleurs causé des ennuis ; cela n’a pas plu à beaucoup de jaloux ; on disait : comment un jeune étudiant fraichement débarqué à l’école puisse avoir le premier prix face à ses enseignants ?

Cette jalousie m’a coûté d’être exclu de l’école par la suite, car j’étais aussi le responsable syndical à l’école», dira l’enfant du quartier de Arbaïne Chérif. Benyahia se rappelle comment l’administration postale s’est intéressée juste après à cette affiche pour en faire la maquette d’un timbre-poste. Le timbre, émis le 26 septembre 1964, sous le n° 401 du catalogue Yvert et Tellier (n° 41 du catalogue algérien) a été tiré à un million d’exemplaires. Cette émission a été aussi un grand événement pour Ahmed Benyahia, âgé à peine de 21 ans, ce qui faisait de lui à l’époque le plus jeune dessinateur d’un timbre-poste de l’Algérie indépendante.

«C’était une grande fierté pour moi ; je garde encore les photos de la cérémonie tenue au siège de la Chambre de commerce d’Alger où j’avais reçu un chèque de 1000 francs des mains du défunt Bachir Boumaza, ministre de l’Industrie», se rappelle-t-il. «Même si j’ai reçu le prix pour l’affiche, malheureusement je n’ai jamais été payé pour le timbre jusqu’à nos jours», regrette-t-il.

Notre artiste retiendra surtout que cet événement l’avait propulsé sur la scène publique. «Juste après, j’avais reçu une offre du DG de Shell pour ouvrir une boîte de communication et de publicité, mais j’ai décliné gentiment cette proposition, car je voulais me consacrer aux beaux-arts», dira-t-il. Benyahia regrette de ne pas avoir été sollicité pour dessiner d’autres timbres.

«Le timbre est devenu la propriété privée de quelques dessinateurs privilégiés par les décideurs, aux dépens des autres artistes et des jeunes talents, et c’est vraiment dommage», notera-t-il. «Je tiens quand même à rendre hommage à Boudjemaâ Haïchour, ex-ministre des PTIC, et Mohamed Boufennara, ancien cadre d’Algérie-Poste d’avoir honoré les anciens dessinateurs des timbres-poste lors de la mémorable soirée organisée en octobre 2007 à l’hôtel El Aurassi», conclut-il.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 15/01/2015 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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