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Premier timbre illustrant l’œuvre d’une artiste femme

Protection de la mère et de l'enfant

Le 27 décembre 1969, les philatélistes algériens découvrent pour la première fois les œuvres de Baya à travers un timbre ayant pour thème la protection de la mère et de l’enfant. C’est le premier timbre-poste algérien qui illustre l’œuvre d’une artiste femme. Une œuvre d’une beauté originale, symbolisant une femme tenant un enfant, marquée par une palette de couleurs qui distingue l’univers chromatique généreux de cette artiste.

Une peinture qui reflète aussi une tendance affichée pour les couleurs gaies et éclatantes, selon l’aveu même de Baya. En choisissant le bleu turquoise, le rose indien, le marron café, le jaune canari, l’émeraude et le violet profond comme couleurs préférées, Baya a peint avec une finesse inégalée le monde de l’enfance, de la maternité et l’univers féminin, exprimant sa fascination pour les fleurs, les arbres, les fruits, les oiseaux, les papillons et les poissons qui ornent dans ses tableaux les espaces et les robes des femmes.

De son vrai nom Fatma Haddad, Baya est née le 12 décembre 1931 à Bordj El Kiffan, aux environs d’Alger. Elle avait 12 ans quand elle débarque à Alger, grâce à Marguerite Caminat, qui la ramène de la ferme coloniale où elle travaillait avec sa grand-mère à Blida. Baya découvre un autre monde où elle fut attirée par les fleurs et les oiseaux. Ce fut le déclic pour le talent d’une femme qui n’a jamais fait des études, mais qui fera parler d’elle dans le monde de l’art. Après avoir commencé par le modelage de certains animaux, elle est découverte par le sculpteur Jean Peyrissac qui l’a encouragée à réaliser des gouaches.

Des dessins d’inspiration naïve, mais qui ont impressionné le peintre Aimé Maeght, de passage à Alger. Ce dernier décide de lui organiser une exposition en 1947 à Paris. Un événement qui a connu un vif succès et qui a propulsé vers la célébrité une fille qui n’avait que 16 ans. Baya rencontre Georges Braque et Pablo Picasso. Une véritable histoire de Cendrillon, comme le décrit François Pouillon. En 1953, elle épouse le chanteur-musicien Mahfoud Mahieddine, de trente ans son aîné.

Elle cesse de peindre pendant 10 ans. Elle mène l’existence d’une femme au foyer. Elle reprendra ses pinceaux après la mort de son mari. Le public connaîtra Baya en 1963, lors d’une exposition organisée à l’occasion des fêtes du 1er Novembre. Ses œuvres seront exposées en Algérie, en Europe, à Cuba, au Japon et dans le monde arabe. Baya est classée, avec Aksouh, Benanteur, Guermaz, Issiakhem, Khadda et Mesli, parmi les artistes de la «génération de 1930» qui, après les précurseurs des années 1920, ont été les fondateurs de l’art algérien moderne.

Deux ans après une première émission, soit le 4 décembre 1971, une autre œuvre de Baya illustre un second timbre célébrant le 25e anniversaire du Fonds international de l’ONU pour le secours de l’enfance. Le 1er juin 1989, pour célébrer la Journée internationale de l’enfance, la Poste choisira, encore une fois, un troisième tableau de la même artiste. Baya meurt dans la nuit du dimanche à lundi 11 novembre 1998 à Blida à l’âge de 68 ans, suite à une longue maladie. Le 8 juin 2008, un hommage juste à la hauteur de cette grande dame de l’art lui a été rendu à l’occasion de la Journée nationale de l’artiste, avec l’émission d’un bloc feuillet portant son portrait.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 12/02/2015 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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